fumer dans une voiture

Pour la plupart des fumeurs, la conduite automobile est souvent associée à la consommation de tabac. Ces cigarettes au volant font d’ailleurs partie des plus difficiles à laisser tomber, puisqu’elles sont bien ancrées dans la routine. On ne peut pas blâmer les gens de s’adonner au tabagisme seul dans leur voiture, mais on peut certainement reprocher aux parents d’exposer leurs enfants à la fumée secondaire. Le gouvernement du Québec semble enfin déterminé à prendre des mesures pour interdire un tel comportement.


Le Québec en retard

Plusieurs d’entre vous seront surpris d’apprendre qu’aucune loi n’empêche une personne de fumer à bord d’un véhicule lorsque des enfants y prennent place. En effet, selon un sondage mené en 2010, près de la moitié des fumeurs pensent à tort qu’une telle loi existe déjà. Cette confusion est explicable, puisque toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Québec, du Nunavut et du Territoire du Nord-Ouest, prohibent la consommation de tabac à l’intérieur d’un véhicule dans lequel se trouvent un ou des enfants âgés de 16 ans et moins. Pour l’Alberta, le Yukon, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, l’interdiction s’applique même pour les jeunes de 19 ans et moins.

À l’échelle canadienne, le Québec fait donc figure de retardataire dans ce dossier. Un projet de loi déposé au début du mois de mai dernier pourrait venir corriger le tir, s’il est accepté. Mieux vaut tard que jamais!

Même sur la scène nord-américaine, le Québec traîne de la patte. Plusieurs états américains, notamment la Californie, le Maine et l’Oregon, ont déjà implémenté des interdictions de fumer dans les voitures où se trouvent des enfants.

Des contraventions salées

Si on se fie à ce qui se voit dans les autres provinces, les fumeurs contrevenants s’exposeraient à des contraventions salées. À titre d’exemple, l’Ontario, qui a adopté une loi en 2008, est la province la moins sévère, avec des contraventions de 250$ pour les gens qui se font prendre. À l’opposé extrême, les contraventions remises à l’Île-du-Prince-Édouard peuvent atteindre 2000$. Ça fait cher la cigarette!

Quelques statistiques sur les fumeurs

  • Deux fumeurs sur trois fument dans leur véhicule au moins de temps en temps
  • Trois fumeurs sur quatre ne fument jamais dans leur véhicule en présence d’enfants
  • Un Québécois de 13 ans et plus sur cinq est considéré comme fumeur
  • Le pourcentage de fumeurs québécois avait drastiquement chuté il y a sept ans, mais stagne aux alentours de 20% depuis
  • 60% des fumeurs envisagent d’arrêter dans un avenir rapproché

On remarque que malgré l’absence de cendriers dans les nouveaux véhicules (Toyota a arrêté d’équiper ses véhicules de base de cendriers dès 2004), deux fumeurs sur trois fument toujours dans leur voiture. Peut-être qu’une loi en bonne et due forme pourrait inciter même ceux qui n’ont pas d’enfants à arrêter de fumer au volant.

Il est aussi intéressant de noter que la dernière fois qu’on a remarqué une baisse importante du nombre de fumeurs au Québec, c’est après l’adoption de nouvelles lois en 2006. Même si seulement un fumeur sur quatre fume dans son véhicule en présence d’enfants, on peut espérer que le nouveau projet de loi convaincra certains fumeurs à quitter le tabac pour de bon.

Et vous, êtes-vous pour l’application de sanctions sévères pour les gens qui fument dans l’auto avec des enfants à bord?